Inspirer, expirer, retenir son souffle pour danser et vivre avec les mers et les océans

Auteurs-es

DOI :

https://doi.org/10.37536/ECOZONA.2026.17.1.5891

Mots-clés :

respiration, danse, apnée, plongée, animaux non-humains

Résumé

Cet article a pour intention d’examiner combien danser au contact des mers et des océans incite à repenser les paradigmes de nos vies terrestres. En ce sens, j’étudierai les relations poreuses que cet art non verbal permet de tisser avec les milieux. Pour cela, je développerai alors une analyse des variations de respiration et des perceptions humaines. Tout d’abord, je démontrerai combien l’expérience des différents rythmes de souffle éprouvés sur les rivages a impulsé le déploiement de la danse et de la pensée de la chorégraphe pionnière Isadora Duncan (Perrin) ainsi que celles de ses successeuses. Puis, je me concentrerai sur deux vidéo-danses, Tidesd’Amy Greenfield (réalisée en réponse à « La Danse de l’avenir » de Duncan)et Water Motorde Babette Mangolte afin de mesurer à quel point les expériences aquatiques et notamment celle d’une temporalité non humaine déplacent nos perceptions. Ce phénomène se révèle alors grâce à l’usage de la caméra qui offre une trace de ces sensations intimes et fugaces. Enfin, après avoir étudié les variations des souffles, je m’appuierai sur les travaux de Laurence Louppe sur le « non-souffle » et je proposerai une analyse de la pièce et du court documentaire de la danseuse-apnéiste Marine Chesnais, tous deux intitulés Habiter le seuil. J’interrogerai ici la pratique de la rétention du souffle en milieux aquatiques « qui travaille le tissu gravitaire du spectateur, produit des transferts de perception et d’état » (Louppe), et qui permet d’aller à la rencontre de mammifères marins. En conclusion, je défendrai l’idée que ces rencontres marines essoufflées changent notre perception du monde terrestre, nous invitent à « habiter le seuil », à explorer cet espace de transformation, et nous offrent l’opportunité de « devenir autre » (Abram).

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Biographie de l'auteur-e

Caroline Granger, University of Caen Normandy

Caroline Granger holds a PhD in American Studies and is an associate member of ERIBIA at the University of Caen Normandy. Her dissertation, Crossing Cultural History and Ecopoetics: a Study of Torsions in Merce Cunningham’s Choreographic Works, advocates a transdisciplinary approach linking human dance movement to its environment. It is accompanied by a photographic portfolio reflecting her interest in the field of research-creation. In 2019, she was awarded a doctoral research grant from the Institut des Amériques, which enabled her to travel to New York to continue her research in situ. In 2023, she published the interview, “From the Fluttering of Wings to the Ruminations of a Cow: a Conversation on Our Relationships to the Living Beings with Anna Chirescu,” in the journal Recherches en danse.

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Publié-e

2026-04-30

Numéro

Rubrique

Articles: Sea More Blue